Lettre ouverte au Premier Ministre PDF Imprimer Envoyer
Par Pierre Carassus    Facebook MySpace Twitter Google Yahoo! Buzz Yahoo! Bookmarks Delicious Digg BlogMarks Wikio Yoolink Gmiix Netvibes LinkedIn Scoopeo Jamespot TapeMoi Mr. Wong Technorati Windows Live Bluegger Viadeo
Vendredi, 20 Novembre 2009
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Monsieur le Premier Ministre,

J'accuse réception de la lettre que vous avez adressée aux Maires, relative au statut de la Poste et datée du 16 octobre. Treize jours avant votre envoi, 2,3 millions de Français ont participé à une votation citoyenne sur le sujet, à l'issue de laquelle une très forte majorité s'est prononcée contre le projet gouvernemental. Mais depuis, vous faites la sourde oreille à la demande populaire, vous refusez la tenue d'un référendum sur l'avenir de cet important service public, et vous vous contentez, en guise de réponse à l'inquiétude de nos concitoyens, d'une lettre circulaire à l'intention des élus locaux afin de les « sensibiliser sur (votre) démarche ».

Bien que votre courrier relève de la communication à sens unique - un genre fort prisé par votre gouvernement -, le Maire d'une commune de 11 000 habitants que je suis croit utile de vous répondre. Car je suis très « sensible à votre démarche », Monsieur le Premier Ministre, comme je le suis à la politique de démantèlement systématique des services publics que l'Elysée et vous-même menez depuis 2007. J'y suis d'autant plus sensible que j'ai longtemps travaillé au tri postal avant d'exercer les fonctions de Maire de Vaux-le-Pénil et, de 1997 à 2002, de député de la troisième circonscription de Seine-et-Marne. C'est pourquoi j'ai soutenu et participé à la votation citoyenne du 3 octobre et que j'entends bien poursuivre le combat contre la privatisation rampante de la Poste conduite par votre gouvernement.

Car en dépit de vos affirmations, la transformation de la Poste en société anonyme est bien le premier pas franchi vers sa privatisation. D'ailleurs, à quoi bon changer de statut s'il ne s'agit pas, à terme, de modifier la composition du capital ? Le cas de France Télécom est à cet égard exemplaire. Transformée en société anonyme en 1996, cette entreprise a vu son capital « s'ouvrir » progressivement, au point que l'Etat n'y est plus aujourd'hui qu'un actionnaire minoritaire. Et l'on connaît, hélas, les conséquences de ce retrait pour les salariés…

Il faut rappeler aussi qu'en 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances, s'était publiquement engagé à ce que GDF ne soit jamais privatisé. Aujourd'hui, l'Etat ne détient plus que 35,7% du groupe GDF-Suez. Et vous voudriez que les Français croient en vos promesses !

Pour justifier la transformation du statut de la Poste, vous mentionnez l'ouverture complète du marché postal européen prévue au 1er janvier 2011. Or les directives de l'UE, aussi contraires soient-elles au service public, n'imposent aucun statut aux opérateurs. C'est donc le choix de votre gouvernement que de le modifier.



 

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