Lettre apostolique à tous les évêques de l'église catholique sur la situation du Liban PDF Imprimer Envoyer
Par Jean-Peaul II    Facebook MySpace Twitter Google Yahoo! Buzz Yahoo! Bookmarks Delicious Digg BlogMarks Wikio Yoolink Gmiix Netvibes LinkedIn Scoopeo Jamespot TapeMoi Mr. Wong Technorati Windows Live Bluegger Viadeo
Jeudi, 07 Septembre 1989
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1. Une nouvelle fois, avec la même confiance mais encore plus attristé, je désire solliciter votre fraternelle solidarité pour nos frères du Liban qui continuent à être victimes d'une impitoyable violence qu'aucune cause ne justifie.

Face aux drames répétés que connaît chacun des habitants de cette terre, nous prenons conscience du péril extrême qui menace l'existence même du pays : le Liban ne peut pas être abandonné à sa solitude.

2. Depuis l'année 1975, le Pape Paul VI, le Pape Jean-Paul Ier et moi-même dès le début de mon pontificat n'avons épargné aucun effort pour alerter l'opinion sur la valeur unique du Liban et de son patrimoine humain et spirituel, pour soulager et encourager ses habitants soumis à des violences de toute sorte, pour favoriser une solution négociée aux divergences qui opposent les parties en conflit et pour implorer du Seigneur la grâce d'une paix patiemment édifiée et durable.

3. Ces derniers mois, profondément impressionné par la dégradation de la situation et par la recrudescence de combats meurtriers, j'ai voulu souligner par plusieurs de mes appels le devoir que nous avons tous de ne pas oublier le Liban et de ne pas nous habituer aux tribulations cruelles qu'il supporte depuis trop longtemps. Je n'ai pas hésité non plus à frapper à toutes les portes pour que soit mis un terme à ce qu'il faut bien appeler le massacre de tout un peuple. Il est bon que toute l'Eglise connaisse les efforts entrepris pour le sauvetage d'un pays en perdition.

Le 15 mai dernier, j'ai ainsi adressé un message à de nombreux Chefs d'Etat et aux Responsables d'Organisations internationales. Il m'a semblé nécessaire, en effet, de rappeler certaines exigences éthiques auxquelles la communauté internationale est tenue à l'égard d'un partenaire de plein droit, qui est membre fondateur de l'Organisation des Nations Unies et de la Ligue des Etats Arabes. A cette démarche se sont ajoutés de multiples contacts bilatéraux entre le Saint-Siège et les Gouvernements des pays qui s'affirment amis du Liban ou qui entretiennent traditionnellement avec lui des rapports étroits. Certains de ces échanges de vues se poursuivent encore aujourd'hui.

4. Certes, il n'appartient pas au Pape de proposer des solutions techniques mais, soucieux du bien spirituel et matériel de tout homme sans distinction aucune, il ressent le devoir impératif d'insister sur certaines obligations qui incombent aux Responsables des nations. Les ignorer peut conduire tout simplement à ébranler l'ordre des relations internationales et, une fois encore, à livrer l'homme au seul pouvoir de l'homme. On ne peut mépriser impunément les droits, les devoirs et les mécanismes que les acteurs de la vie internationale ont élaborés et auxquels ils ont souscrit, sans que les rapports entre les peuples en pâtissent, sans que la paix en soit menacée, sans que l'homme finisse par devenir l'otage des ambitions et des intérêts des plus forts. Voilà pourquoi j'ai voulu redire — et je le répète aujourd'hui à l'intention de toute l'Eglise — que le droit des gens et les institutions qui le garantissent constituent des références irremplaçables et défendent l'égale dignité des peuples et des personnes.



 

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